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Carnet de routes...

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Chapitre 1/3 : De Delhi à Varanasi...

14/04/09 - 19/04/09

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ORCHHA

Mardi 14/04/2009 – Gwalior - Orchha

15h00... Logé, rassasié et douché… Mais je vais encore attendre un peu avant de sortir !… Dehors, c’est une véritable fournaise !... Qui plus est, mon exposition hier matin au soleil a déjà bien fait rougir mes bras et mon nez !... Il faut savoir se montrer raisonnable !... Et c'est la meilleure chambre où je vais séjourner depuis mon départ !... Une vraie douche qui m'épargnera le seau, pas mal d'espace, et surtout une fenêtre !... Le village semble comme il m'a été décrit... Paisible... Sans touriste... Un endroit où poser son sac quelques jours !... Enfin je verrai !...

Après un réveil aux aurores, je me rends à la gare... Même si je ne compte pas avoir de train avant 2 bonnes heures, je me vois mal parcourir les 500 mètres qui me séparent de la gare sous un soleil de plomb... J'arrive à la gare à 7h15... Même si cela ne m'empêche pas de prendre une bonne suée !... Il n'y a pas encore grand monde et je vais m'installer sur un banc un peu en retrait. Le billet acheté la veille ne me permet que de voyager en seconde classe, n'ayant donc pas de place réservée... Après m'être renseigné, le Shatabdi Express passerait à 9h30 en direction de Jhansi, et ce train me conviendrait parfaitement d'après le préposé à qui je montre mon billet... Un premier train arrive... En attendant, inutile de vous dire que pas mal de monde est arrivé et que les quais fourmillent déjà de nombreux voyageurs, vendeurs et mendiants !... Un premier train arrive... Il va lui aussi en direction de Jhansi... Mais il ne comporte que 5 wagons !... Immédiatement pris d'assaut, je ne me lève même pas pour tenter ma chance, avec mes sacs, ce serait pure folie !... Des voyageurs sont déjà installés sur les marche-pieds et un coup d'oeil à l'intérieur des wagons suffit à me faire renoncer à une entreprise qui eut pourtant été bien sympathique... Mais le célèbre Shatabdi Express arrive, et je sais que j'y trouverai une place sans souci... 9h35... Le Shatabdi entre en gare et effectivement, il y a de la place...

Cette fois, le souci, c'est que mon ticket ne me permet pas d'y accéder !!!... et je me fais refouler même après avoir demandé de payer un éventuel supplément !... Bon... Mon banc est désormais occupé... Je pose mes sacs au bord du quai, bien décidé à monter dans le prochain... J'ai toujours apprécier l'ambiance des gares, mais il ne faudrait pas que j'y passe la journée !... Un jeune Indien vient me brancher... Lui aussi va à Jhansi... Son anglais est correct et on parvient à communiquer... Quelques minutes plus tard, ce sont 2 occidentales qui débarquent à leur tour... Des Françaises qui commencent leur tour du monde... Cela n'est pas désagréable d'échanger quelques mots en français... Il faut dire que depuis mon départ, je n'avais pas encore eu l'occasion de parler français !... Elles aussi se rendent à Jhansi, avant de rejoindre Khajuraho en bus... Et elles ont des réservations !... Le jeune Indien nous explique qu'avec mon billet, je ne pourrai néanmoins pas voyager avec elles...

Je dois aller dans les wagons de seconde classe... situés en tête de train !... On s'y rend, quasiment en courant, pour constater que les 2 wagons sont squattés par des militaires et leurs familles... C'est visiblement loin d'être complet, mais ils ne laissent monter personne !... On retourne, toujours en courant au niveau des "sleepers"... On retrouve le wagon où se trouvent les françaises... Je leur laisse mes sacs et essaie de me trouver une petite place à l'extrémité du wagon... Il y a déjà 6 personnes assises par terre et plus la moindre place "assise"... Heureusement, le voyage ne durera pas plus de 2 heures... Je reste donc debout !... Arrivent les contrôleurs !... Mon ticket ne me permet pas de rester là !... Il faut que je descende au permier arrêt pour rejoindre les wagons de seconde... Sinon, il m'en coûterait 333 Rs !... Je finirai néanmoins par rester, et le contrôleur n'a pas été trop méchant lors de son second passage, il ne m'a pas mis d'amende...

Arrivée à Jhansi, on partage un rickshaw avec les françaises pour se rendre à la gare de bus... On se sépare donc ici... Je garde quant à moi le rickshaw et m'offre le luxe de faire les 20 kilomètres de Jhansi à Orchha en solitaire... Il m'en coûtera 150 Rs... Ce qui n'est pas donné !...

Enfin... Je suis bien content d'être enfin arrivé à destination... Je trouve la guest-house sympathique dans le centre ville où je suis en train d'écrire ces lignes...

Mais il est maintenant plus de 16h00... Je vais aller faire un premier petit tour... en évitant le soleil si possible...

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A priori cet endroit me plaît beaucoup... Le centre du village est occupé par un temple important, le Ram Rajah Temple, devant lequel se trouve une large place où squattent quelques pseudos saddhus à l'ombre de banyans...  Mais ce qui est sympa, c'est que le quartier autour est piétonnier et surtout c'est propre !... En ce qui me concerne, du jamais vu pour la propreté donc, et bien entendu, que cela semble paisible sans les inévitables coups de klaxons, de trompes ou de sonnettes de véhicules... C'est dans ce temple que des couples d'Indiens viennent s'unir pour le meilleur et pour le pire. J'apprends qu'une vingtaine de mariages sont parfois célébrés quotidiennement. Aujourd'hui, je n'aurais aperçu que 2 cérémonies.

Toutes les ruelles qui partent de la place sont occupées par différents petits commerces et restaurants. La plupart s'adresse néanmoins aux touristes Indiens, preuve qu'on se trouve ici hors des sentiers battus. J'y ai quand même croisé beaucoup d'occidentaux, en solitaire ou en couple, beaucoup plus qu'à Gwalior.  

Juste au-delà du quartier commerçant, un pont permet d'accéder au Rajah Mahal, un gigantesque palais... J'en fais le tour, accompagné d'un guide dont l'anglais est compréhensible... Enfin, heureusement que j'avais parcouru le guide papier avant cela , sinon, cela aurait été nettement moins évident !... Je me réserve les visites proprement dites pour demain...

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Il est 20h10... Dehors, le tintement des cloches et les chants qui accompagnent la puja qui a lieu au temple résonnent jusque mon hôtel !... Ce sera pour demain... ou après-demain !...

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Ayant pris congé de mon guide, je trouve un thali correct dans un petit restaurant, rejoignant à sa table un américain dont le séjour en Inde se termine... Il n'en a pris que pour 10 jours... Pas le temps de voir grand chose... Mais il reviendra !...

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C'est clair, ce lieu m'est sympathique... Je vais sans doute rester quelques jours...

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 Mercredi 15/04/2009 – Orchha

Réveil aux aurores... Je sors de l'hôtel avant 7h00... La chaleur est déjà là... Et le soleil déjà haut est brûlant... Le palais n'ouvre ses portes qu'à 8 heures... C'est bien dommage... Le ticket (250 Rs) permet d'accéder à tous les monuments, mais il sera bien difficile d'en faire le tour, même si les différents sites ne sont pas très éloignés du village...

Je retrouve le guide rencontré hier soir et je le suis au travers du dédalle de chambres, couloirs et escaliers. C'est la première fois que je m'octroie les services d'un guide, mais je ne le regrette pas. Le Rajah Mahal, le Jagandir Mahal et le Raj Praveen Mahal sont situés dans la même zone. Cumulant les styles hindous et musulman, les palais sont bien conservés, du moins les murs... Détail particulier, des vautours se sont installés sur les coupoles du Rajah Mahal.

9h30... Fin de la visite... Je reviendrai néanmoins en fin de journée pour une séance photo plus poussée...

Petit déjeuner copieux, omelette, salade de fruits, jus d'ananas... Petit tour au cyber-café... Le débit est correct !...  

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Je passe la fin de la matinée sous un banian ou s'est installé un vendeur de tchaï... Très vite je me fais branché par les locaux, un policier servant de traducteur. Il fait de toute façon trop chaud pour aller voir plus loin !...

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Il est un peu plus de midi... Je me suis réfugié sous le ventilo de ma chambre... Une petite sieste s'impose...

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De nouveau, je ne sors pas avant 16h00... Je retourne directement au Rajah Mahal. Je prends le temps cette fois de visiter les lieux à mon rythme, déclinant poliment les services d'un autre guide. Rapidement, je me retrouve au troisième et dernier étage... Je compte une dizaine de vautours nichés sur les différentes coupoles et par moment, on peut en dénombrer le double tournoyant haut dans le ciel. Voilà qui suffit à faire une pause photo fort sympathique, d'autant plus que les vautours sont en pleine activité, planant d'une coupole à l'autre à quelques mètres de mon objectif... Je redescends un peu avant la fermeture... Cette-fois c'est une bande de langures (les black faces à longue queue) qui m'occupera en attendant d'aller me restaurer...

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Retour au même restaurant que la veille... A priori, les 10 Rs de pourboire laissés la veille ont porté leur fruit !... Je commande à nouveau le Thali De Luxe (70 Rs), mais cette fois il est nettement plus copieux !... J'y fais la connaissance d'un Français âgé d'une cinquantaine d'année, vêtu un peu à la manière d'un saddhu... Il vit six mois de l'année en Inde... On sympathise rapidement et on discute autour d'un énième tchaï jusqu'à plus de 22h00...

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De retour dans ma chambre, je décharge sans tarder les photos dans l'ordi... Bon... La superbe photo d'un vautour en vol n'est pas là... mais j'ai réussi quelques belles prises...

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Jeudi 16/04/2009 – Orchha

Je n'arrive pas à émerger ce matin... Je n'ai toujours pas trouvé un rythme de sommeil correct... Il faut aussi préciser qu'une fois le nez dans la "cité de la joie", j'ai bien du mal à éteindre la lumière !...

Lorsque je sors prendre mon petit déjeuner, il fait déjà trop chaud pour aller se promener le long de la rivière... Je retrouve le Français rencontré hier, déjà attablé dans le même resto... On passe la matinée à discuter... tout en buvant des tchai !...

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Retour à l'hôtel... Pour la sieste... Enfin quand je parle de sieste, il s'agirait plutôt de lire, de rédiger ces carnets ou de monter le futur site internet... Pas question de dormir...

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Lorsque je sors un peu plus tard, le ciel est couvert... Je ne saurais dire s'il s'agit de brume de chaleur ou de nuages annonciateurs de pluie... Toujours est-il que le soleil est voilé et que sa morsure se fait plus supportable... Après une courte pause tchai pour récupérer quelques forces, je pars en visite pour les cénotaphes... Autre attraction du lieu... Ce sont des édifices d'architecture typiquement indienne, un peu dans le style des temples... Des dizaines de vautours nichent également en ces lieux... Je me contente de la visite extérieure, même si le gardien me propose d'y entrer pour quelques roupies... Ces mausolées se trouvent juste au bord de la rivière, le seul endroit où subsistent un peu de verdure. Quelques enfants m'ont rejoint au cours de ma visite. C'est en ce moment les vacances pour les écoliers du Madhya Pradesh. L'un d'eux me propose de visiter sa maison... Je les suis... On discute un peu... Ils m'offrent un verre d'eau... Ils me montrent les arcs qu'ils se sont fabriqués... Ce n'est qu'au moment de partir que je n'échappe pas à la règle et celui qui m'avait invité me réclame 10 roupies ! Je ne me gêne pas pour lui dire ce que j'en pense... Mais bizarrement il ne semble plus comprendre un mot d'anglais et me regarde comme si de ces 10 Rs dépendaient le sort de sa vie !... Ses copains, un peu à l'écard, nous observent en douce. Le gamin me réclame alors 5 roupies... en me jetant un regard encore plus suppliant !... Je finis par en rire... That's India !... J'invite finalement mes jeunes amis à me suivre et leur achète une grande bouteille d'un soda bien connu...

 Elle coûte 55 Rs... Sitôt que je leur donne la bouteille, inutile de compter sur un merci, ils partent en courant et disparaissent... Vont-ils la boire à ma santé ? La revendre au dhaba de leur quartier ?... Je n'en saurai rien et préfère d'ailleurs ne pas le savoir... Il peut rapidement devenir insupportable d'avoir à subir ce véritable harcèlement permanent... J'en arrive presque à comprendre les réactions hostiles de certains touristes... Personnellement, je pense aujourd'hui connaître la règle et l'accepter, avec un certain sourire...

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Je retrouve Pascal, le Français voyageur, philosophe et érudit !... (si par hasard, tu lis ces lignes un jour, je te salue respectueusement !...)... Le restaurant du coin est devenu notre QG !... Le thali est au moins aussi copieux que la veille, ce qui suffira largement à satisfaire mon appétit !...

On discute jusque 21 heures et des charrettes... J'aurai encore "raté" la puja du Ram Raja qui se déroule quotidiennement à 20 heures... 

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Retour à la guesthouse...

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Vendredi 17/04/2009 – Orchha

En fait, je pense que c'est à cause de la chaleur que je dors toujours aussi mal... Et même si dès avant 6 heures je me réveille, je n'arrive encore pas à me lever !...

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Petit-déjeuner au QG où Pascal me rejoint bientôt... La matinée passe alors très vite en sa compagnie !... Et puis notre QG donne sur le carrefour central du village, alors il y a de l'animation...

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21h00... Si j'avais omis de le préciser, Orchha est également un lieu privilégié pour la célébration des mariages... Ce soir, c'est la courée qui jouxte ma chambre qui accueille les festivités... C'est comme si la fête avait lieu dans ma chambre... La sono est à fond, ce qui n'empêche pas les musiciens de la fanfare de parvenir à couvrir la musique quand leur prend l'envie de frapper leurs tambours ou de souffler dans leur trompettes...

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Sinon, la journée fut paisible... J'ai rejoint Pascal sous le banyan pour le traditionnel tchaï. Le village est particulièrement animé aujourd'hui... On s'échappe quelque peu en allant visiter le Chaturbhuj Temple. L'édifice le plus imposant et le plus haut de la ville... Moyennant quelques roupies, un "guide" nous propose de monter... Il écarte une porte et on s'engage dans des escaliers particulièrement raides. On monte jusque sur le toit de l'édifice d'où le panorama sur le village et les environs est inégalable !...

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Dîner au QG... Le thali delux est toujours aussi bon !... Est-ce exprès ?... Mais chaque soir j'ai eu droit à de nouveaux plats... Ce soir ce furent les pomme de terres à l'ail et au cumin qui me ravirent particulièrement !...

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Petit tour en ville pour faciliter la digestion et assister enfin à la fameuse puja de 20h00... Le tchaï-shop du banyan étant déserté, on finit par trouvé notre bonheur chez un marchand de samosa...

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21h30... Le DJ d'à côté doit être en transe !... La techno indienne, c'est vraiment particulier... Et je plains ceux du voisinage qui n'apprécie guère ce genre de musique...

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"La Cité de la Joie" m'attend...  

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Samedi 18/04/2009 – Orchha

7h00 du matin... Ce sera la dernière intervention des "Tambours du Bronx"... Toute la nuit, à intervalles réguliers, soit toutes les deux heures environ, ils sont revenus battre leurs tambours... Afin de réveiller les jeunes mariés et les inviter à de nouveaux ébats ? Cela restera bien sûr un mystère...

La sono n'avait pourtant pas duré bien longtemps et vers 22h30, ce fut la fin de la techno. Mais j'étais loin de trouver la sérénité attendue et dès 23h00 les tambours reprirent de plus belle... Les rythmes endiablés s'enchaînèrent sans répits pendant une dizaine de minutes s'achevant en un final aussi étourdissant qu'assourdissant. Et il en fut donc ainsi tout au long de cette nuit... Autant dire que cela n'a pas contribué à me faire passer la bonne nuit tant espérée !...

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Aujourd'hui, le ciel est bleu... Pas un nuage, ni même de brume de chaleur à l'horizon. Le ciel est d'un bleu azuréen et le soleil se montre donc implacable. Je passe la journée dans mes 2 QG... Le restau et le tchaï-shop sous le banian, avec une petite pause sous le ventilo de ma chambre aux heures les plus chaudes.

Si le restaurant offre l'animation permanente du carrefour principal du village, le banian offre un spectacle tout aussi surprenant. Entouré d'une vaste et haute margelle de ciment, les banians sont bien souvent des arbres sacrés où il n'est pas rare de trouver le lingam, représentation du dieu Shiva. C'est aussi le lieu de prédilection de quelques saddhus, qui passent leur journée à faire tourner shiloms, cigarettes ou bidies.

Cet après-midi l'un des saddhus, un shivaïte, est parti dans des explications animées. Il s'adresse aux quelques hommes venus trouver de l'ombre et un peu d'air dans la chaleur étouffante de la journée. Tous semblent boire les paroles du Saint Homme religieusement en opinant de la tête de temps en temps. L'un des Indiens présent me demande si je comprends l'Hindi. Lui répondant par la négative, ils se mettent alors tous à essayer de me traduire les paroles du Baba. J'avoue que cela ne sera pas beaucoup plus clair malgré cela !... Je crois néanmoins comprendre que le saddhu s'en prend à tous ces pseudos collègues, mais ceux qui vivent dans les villes avec le célèbre soda américain et la climatisation !...

 Le saddhu, qui visiblement ne comprend ni ne parle un traître mot d'anglais, se contente de me sourire en appuyant les dires de ses auditeurs de bruyants at-chaa !...

Quelques minutes plus tard, l'arrivée d'une vingtaine de paysans met fin à notre tentative de communication... Les paysans s'installent à leur tour à l'ombre de l'arbre sacré, un peu à l'écart du marchand de tchaï. Ils se séparent en deux groupes : les hommes d'un côté, qui sitôt le balluchon posé à terre s'accroupissent et allument un bidi ; les femmes de l'autre, qui elles s'occupent sans tarder des enfants en bâs-âge. Orchha, comme toutes les villes sacrées de l'Inde est un lieu de pèlerinage et l'on vient de tout le sous-continent pour y vénérer les divinités locales. A Orchha, il s'agirait de rendre hommage à une divinité sensée aider les femmes à trouver un époux ou bien à assurer des mariages heureux... Ce qui explique le nombre important d'unions qui se célèbrent ici quotidiennement.

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 Dimanche 19/04/2009 – Orchha

Ma première nuit correcte !... Il faut dire qu'hier soir, le quartier était bien calme !... A croire que je n'étais pas le seul à n'avoir pu fermer l'œil la nuit précédente...

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J'avais initialement prévu de bouger aujourd'hui, mais n'ayant pu mettre la main sur mon logeur ni hier soir ni ce matin au réveil, je remets mon départ à plus tard... C'est pas bien grave, j'ai le temps et le lieu est sympathique... Pascal, que je retrouve désormais quotidiennement, aime aussi à se poser dans un coin, si possible non loin d'un tchaï-shop. La vie en Inde doit se comprendre ainsi... Encore que quand je dis comprendre, apprécier serait plus exact... Car quel occidental peut se vanter d'y comprendre quelque chose ?... L'essentiel étant, je crois, de savoir prendre son temps. Aujourd'hui, après une semaine à Orchha, je reconnais de nombreux visages et les salutations dans la rue ne me semblent plus aussi intéressées... D'ailleurs plus aucun enfant ne m'aborde pour me vendre ses colliers de pacotille, plus un marchand ne m'interpelle pour m'attirer dans sa boutique, plus un mendiant ne me tend la main, mais tous me disent bonjour amicalement lorsque je les croise... Que penser de ces nombreux touristes qui ne font que passer quelques minutes dans ces lieux de vie avant de rejoindre leur chambre d'hôtel climatisée !... A peine sortis de leur voiture, tout aussi climatisée, qu'ils se font aborder par tous les "parasites" du coin... Et je comprends qu'ils n'aient qu'une envie : retourner dans le confort de leur hôtel... Comprenez-moi bien, il n'est pas question d'émettre un jugement de valeur... Je pense que nos visions de l'Inde, aussi déformées soient-elles, et sans vouloir prétendre en savoir plus - loin de là !... - , ne seront pas les mêmes. J'ai alors conscience d'être un privilégié : j'ai le temps !...

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Je passe la fin de l'après-midi à parcourir le village. Il y a vraiment beaucoup d'hôtels et de restaurants. Tous vides apparemment !... Je suis toujours le seul client de ma guesthouse, Pascal est aussi le seul client de la sienne, et le restaurant où nous avons pris nos habitudes est le seul à attirer la clientèle occidentale et les Indiens aisés. C'est pour moi un gage de fraîcheur... Si ça tourne en cuisine, on ne risque pas de nous servir des plats avariés !...

Je retrouve Pascal sous le banian pour notre désormais traditionnel tchaï du soir avant d'aller nous restaurer plus copieusement dans notre restaurant. Encore une fois, je lui fais mes adieux, mais à l'heure ou j'écris ces lignes, je n'ai toujours pas revu mon logeur et je sens que je vais avoir le droit de rester encore une journée !... Ce n'est finalement pas si mal... Chaque jour passé ici semble me rapprocher toujours plus des locaux, du moins de certains, ce qui est loin d'être désagréable.  

Seule ombre au tableau, la chaleur ambiante ne permet pas de faire grand chose !...

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