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Chapitre 1/2 : De Delhi à Varanasi...

12/04/09 - 13/04/09

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GWALIOR

Dimanche 12/04/2009 – Delhi - Gwalior

 Nouvelle nuit difficile… Malgré le fait que je n’ai pas dormi correctement depuis mon départ, je ne trouve encore que difficilement le sommeil… Le changement de climat sans doute !…

Peu importe… Je boucle mes sacs et prends la direction de la gare… Bien entendu, pas question de dormir pendant le trajet, je dois garder un œil sur mes affaires… Parvenu à la gare, je repère rapidement le quai qui doit accueillir le Jhelum, dénigrant d’un sourire l’offre d’un rabatteur qui souhaite m’entraîner dans je ne sais quelle embrouille… Quai 5… Il suffit de suivre les indications… Je me rends compte immédiatement que je ne serai pas seul…

Est-ce par ce que nous sommes dimanche ? Le quai, enfin tous les quais même, sont blindés ! Je dois bien faire plus de 150 mètres avant de trouver un espace suffisamment dégagé juste pour poser mes sacs !… Des centaines de personnes squattent sur le quai, assis sur leurs bagages ou même allongés sur le sol. Les rares bancs sont bien entendu déjà tous occupés et je m’assois à la porte du train garé sur le quai en face… Il est 10h00… Si tout va bien je n’aurai pas trop de temps à attendre… Sur le quai, on trouve quelques boutiques et points d’eau. Mais aussi des dizaines de vendeurs ambulants qui proposent des montres, des mouchoirs, des chaussettes, des chaînes avec cadenas, des ceintures, des peignes, des journaux et bien entendu à boire et à manger. Et chacun y va de son cri perçant, louant la qualité de ses marchandises !… Y’a de l’ambiance !…

10h25… Les hauts-parleurs de la gare annoncent l’arrivée du train. Je crois rêver !… Je m’attendais à plus de retard !… Fort heureusement, la SNCI a eu la bonne idée d’installer des repères pour indiquer le numéro des voitures sur le quai…

 Et la chance me sourit puisque je ne suis qu’à quelques dizaines de mètres de la voiture S6 où je devrai trouver ma place… La 28… Je me voyais mal remonter tout le quai… Sitôt le train arrêté, le wagon est pris d’assaut, ne laissant aucune chance aux malheureux voyageurs qui essaient de descendre !… Je passe par la voiture S5 dont l’accès me semble moins périlleux et je rejoins ma place, dans un petit compartiment ouvert. Nouveau coup de chance, la place 28 est à côté de la fenêtre… Je glisse mes sacs sous mon siège et sitôt assis, mes futurs compagnons de voyages s’installent à leur tour… Un couple d’une soixantaines d’années, et quatre autres hommes. Je n’ai vu aucun autre touriste, ni sur le quai avant le départ, ni dans mon wagon… Deux des gars du compartiment refoulent systématiquement tous ceux et celles qui veulent squatter à leur tour, mais sans réservation. Ouf… Déjà que ça va pas être très confortable… Le train n’est pas encore parti que commence le défilé des vendeurs… Il y a les vendeurs officiels du train, que l’on entend arriver de très loin au son des « Tccchhaïïïïï », et un nombre incalculable d’autres marchands, proposant eux aussi montres, chaussettes, brosse à dents, jouets pour enfants, magazines, journaux, et bien entendu également à boire et à manger !… Quelques mendiants passent également de compartiments en compartiments et de wagons en wagons… Le premier est une espèce de saddhu… Mais gardons à l’esprit que l’habit ne fait pas le moine !… Le suivant sera une petite fille qui se traîne à quatre pattes, vraisemblablement victime de polio… Arrive ensuite un  manchot qui montre ostensiblement ses moignons en incitant les voyageurs à mettre quelques roupies dans la boîte métallique qu’il porte autour du cou. Enfin par deux fois au cours de ces 5 heures de voyage, ce sont des travestis qui ont fait irruption dans le compartiment. Ils claquent des mains bruyamment sous le nez des jeunes hommes. Je comprends à leurs gestes (enfin je crois comprendre !…) que si le jeune ne verse pas son aumône, il en sera quitte pour ne jamais connaître les joies de l’accouplement !…

A chaque gare où l’on s’arrête, le train est à nouveau pris d’assaut par des dizaines de petits marchands locaux… En plus des voyageurs qui montent, il ne fait pas bon traîner dans le couloir… Enfin tout ceci anime quelque peu le trajet et les 5 heures passent « assez » vite… Le paysage quant à lui est bien monotone… C’est la plaine… Et même si visiblement c’est la saison de la moisson, il n’y a pas grand monde pour affronter la chaleur qui règne alors… Au passage, je dois d’ailleurs ajouter que la place près de la fenêtre n’est alors pas la meilleure : on cuit si le soleil parvient jusqu’à nous et à chaque croisement de train (ce qui sera assez fréquent), c’est un bon coup de sèche-cheveux garanti !…

 On arrive enfin à Gwalior vers 16h00… A peine sorti de la gare, je me laisse aborder par un chauffeur de rickshaw… 10 minutes plus tard je suis installé dans un hôtel aussi spartiate qu’à Delhi… Bon… Je ne compte pas m’éterniser ici non plus…

17h43…

Je viens de m’installer dans un petit restaurant local… Euh… Vraiment petit… Et tellement local que je suis étonné de voir de l’écriture occidentale sur le menu !… Je suis pourtant revenu dans le quartier de la gare afin de me dégoter de quoi assouvir ma faim !… Les prix ici sont réduits de moitié par rapport à Delhi… cela ne m’étonne pas trop !… Ce qui m’étonne, c’est qu’il n’y ait pas de thali à la carte !… Je me rabats sur le zeera rice et le mutter paneer…

Dans la rue où je me trouve, juste devant la gare, se jouxtent des dizaines de petits restaurants similaires et au moins autant de boutiques de sacs et valises !… On est loin des quartiers pour touristes occidentaux !… D’ailleurs, que ce soit le chauffeur de rickshaw, les gens de l’hôtel ou du restaurant, y’en a pas un qui baragouine plus d’une vingtaine de mots dans la langue de Shakespeare !… ça devient donc un peu plus fun et le sourire est de rigueur !!!…  

Je rentre à ma chambre alors que le soleil vient juste de disparaître derrière ce que je pense être le fort, but de ma visite en ces lieux… Dans 10 minutes il fera nuit… et j’espère bien dormir cette fois !…

 

 Lundi 13/04/2009 – Gwalior

 Même si l’endormissement fut laborieux, j’ai fini malgré tout par fermer les yeux pour de bon… Sitôt réveillé, je pars en quête des sites historiques qui font la renommée du lieu. Surplombant la ville, un plateau rocheux a été transformé en une gigantesque forteresse. Des murailles impressionnantes se dressent tout autour du plateau sur lequel ont été construits divers palais et temples. Après quelques changements de rickshaw collectifs, bien meilleur marché que si je m’étais offert les services d’un particulier, je parviens à destination. La route qui mène au plateau est bordée de bouddhas d’une dizaine de mètres sculptés dans la paroi rocheuse. Je suis accueilli par les cris de paons que j’aperçois en haut des remparts… Malheureusement, je ne les reverrai plus !… Il n’est pas encore 8 heures mais il fait déjà très chaud et je pense que ces volatiles ont dû se trouver un coin tranquille et ombragé !…

Parvenu au niveau du plateau, il faut encore continuer sur quelques centaines de mètres avant de pouvoir acheter le ticket (100 Rs) qui permettra d’accéder aux différents sites proprement dit, juste en face du palais de Man Mandir, le bâtiment principal du site. La visite du palais est sympathique. D’autant plus que je suis tout seul… Mis à part quatre jeunes indiens, il n’y a pas l’ombre d’un touriste… Je croiserai d’ailleurs en tout et pour tout un seul couple d’occidentaux et un groupe d’Italiens au cours de toute ma visite !… Même les Indiens ne furent pas si nombreux !… Le palais comporte une dizaine de pièces pas très grandes. Et il faut penser à prendre une lampe électrique pour accéder aux sous-sols qui servaient de citerne… Et gare aux chauves-souris !… Après le palais principal, on accède à d’autres palais et bassins mais dont la restauration et l’entretien ne semblent pas être une priorité… Dire que cela est dommage ne servirait pas à grand chose à moins de poster des gardiens un peu partout, car malheureusement tout les murs sont taggués et le sol est couvert de déchets… Cela viendrait même gâcher quelque peu le fait de parcourir ces lieux en solitaire… Je me perds dans tous les petits couloirs et escaliers qui permettent d’accéder aux étages supérieurs et aux petits balcons qui dominent la ville… Les bâtisseurs de l’époque n’étaient vraisemblablement pas mauvais. Il règne dans certaines pièces une agréable fraîcheur surprenante… Dehors, au soleil, cela devient dur… Et il n’est pas encore 10 heures !… Les autres lieux intéressants se trouvent de l’autre côté du plateau… 

En fait ils sont du côté par où je suis arrivé… Je m’intéresse particulièrement au temple sikh qui a été érigé ici… Fort heureusement, un policier me prend en moto-stop et m’évite une pénible marche sous le cagnard !… Première fois en Inde que l’on me propose ce service, et gracieusement qui plus est !… Le comble, c’est que pour retourner en ville, alors que je descendais à pieds, refusant de payer la somme exorbitante que me réclamait le seul conducteur de rickshaw de la place, un motard s’est également arrêté et m’a descendu jusqu’à un carrefour où passaient de nombreux rickshaws collectifs (des tempos). Il m’a même dit de prendre le numéro 2 pour me rendre à la gare, ce qui fait que je suis parvenu rapidement et sans encombre à destination.

Mais revenons-en à la visite… Le troisième site historique consiste en 2 temples ornés de nombreuses sculptures… Tous les visages des sculptures ont été systématiquement détruites par les Musulmans suite à leur conquête… Ils me font penser aux temples de Khajuraho.

Après les temples hindous, j’ai hâte de visiter le temple sikh, quant à lui toujours bien actif !… Après mon passage inoubliable l’été dernier à Amritsar - au point que j’y retournerai sans doute au cours de ce séjour - ,  je suis curieux d’en apprendre davantage… Sitôt arrivé, je suis pris en main par S. Joginder Singh, qui parle fort heureusement un anglais correct… Je me déchausse, je me lave les mains, je recouvre ma tête d’un joli foulard orange, passe par le bain de pieds et me voilà parti à la découverte du temple… Malheureusement, le sol en marbre est beaucoup trop chaud pour espérer profiter de l’esplanade en marbre… Le temple en lui-même ne présente que peu d’intérêt… Au centre, entouré de parois vitrées, des lecteurs se relaient afin de lire leur Livre saint. Suite à cette rapide visite, Joginder me rend mes chaussures et m’invite à boire le thé, voire même à me restaurer. Les Sikhs offrent ainsi, tout comme à Amritsar, le couvert – et même le gîte – à qui le souhaite !… Tout comme à Amritsar, je me retrouve donc dans l’immense salle à manger… Même si nous ne serons jamais plus d’une dizaine (les autres sont tous des Sikhs) à bénéficier des chapatis et des lentilles… J’ai cependant droit à un régime de faveur : Joginder m’apporte le thé !… Visite rapide de la cuisine, je serre à l’occasion la louche du cuisinier, et passage à la « donation box » avant de repartir !… 

Je me soulage royalement de 100 Rs, ce qui me vaudra d’ailleurs la bénédiction d’un ancien, le préposé à la « box », pour le reste de mon voyage !… Je fais mes adieux au sympathique Joginder, déclinant poliment son invitation à profiter de l’hospitalité du lieu. Je redescends donc en ville. C’est à cette occasion que je me ferai prendre pour la seconde fois en moto-stop… Passage rapide à la gare afin de prendre mon billet pour Jhansi. Je n’ai pas pu réserver cette fois… Je sens qu’on va rire… Heureusement, le trajet de 98 kilomètres ne devrait pas prendre trop de temps…

Retour à l’hôtel… Il est 14h00… En attendant le retour éventuel de l’électricité, je m’accorde une petite sieste… et une bonne douche… Cette excursion matinale m’a vidé !…

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Dîner en soirée de nouveau dans le quartier de la gare…

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